Cela commence par un éblouissement. De la lumière blanche. Des voix émergent. Ce dont elles témoignent nous saisit – nous déposons les armes – et nous écoutons.
Né à Beyrouth, Ali Chahrour veut de sa danse qu’elle soit le reflet du contexte politique et social de sa culture. Dans When I Saw the Sea, il travaille les répercussions intimes du système Kafala. Dans ce dispositif juridique en vigueur au Liban et dans certains pays du Golfe, l’employeur devient le parrain légal du travailleur immigré sans pour autant que celui-ci soit protégé de son arbitraire.
Ali Chahrour travaille à partir de témoignages de femmes qui ont été victimes de cette mécanique dans des pays frappés par la guerre et qui y ont survécu. Enregistrés et diffusés ou racontés au plateau par les interprètes, il les tisse avec la musique d’Abed Kobeissi et la voix céleste de Lynn Adib. Mais c’est définitivement par les corps de Zena Moussa, Tenei Ahmad et Rania Jamal, qui dansent autant qu’ils évoquent des scènes vécues, qu’il y a libération, consolation et espoir.